L'hydrogène dans l'aéronautique

 

L’utilisation de l’hydrogène dans un turboréacteur nécessite quelques adaptations mais ne pose pas de problèmes sérieux. L’industrie spatiale, grosse consommatrice d’hydrogène maîtrise bien la filière et l’industrie aéronautique pourrait importer ce savoir-faire pour les exigences du transport aérien. Un premier avion américain B57 a volé avec de l’hydrogène dès 1958. Un avion de ligne soviétique Tupolev TU 155 a volé en 1988 avec un réservoir d’hydrogène stocké dans la partie arrière de son fuselage.

 

 

En Europe, dans les années 2000, le projet Cryoplane conduit par Airbus Deutschland, a démontré la faisabilité du concept sur base d’un Airbus A300 mais le projet n’a jamais été réalisé. La particularité des applications dédiées à l’aéronautique, c’est qu’elle nécessite l’usage d’hydrogène liquéfié en raison de sa densité énergétique, lequel représente néanmoins 4 fois le volume de kérosène. Ces nouvelles contraintes doivent conduire à repenser l’architecture des avions dont le volume et la surface exposée augmentent, ce qui entraîne un accroissement de la consommation de 9 à 34%. Rien que pour les vols intra-européens estimés en 2001, l’utilisation de l’hydrogène nécessiterait une production de 30 000 tonnes d’hydrogène liquide par jour.